Retour en France : J’ai traversé le vide après mon expatriation

Retour en France après une expatriation en Australie : Entre dépression et prises de conscience

retour en france dépression post voyage

Je peux le dire : mon retour en France après l’Australie m’a littéralement achevée. J’ai bien cru que je ne me relèverais pas. Pourtant, aujourd’hui, je vais mieux. Même si je ne tournerai jamais vraiment la page, la dépression post-voyage était bien réelle.

Il m’a fallu du temps pour mettre des mots sur ce que je traversais. C’est finalement grâce à mes interventions en 2022 et 2023 — où j’ai été interviewée par Magali dans son podcast ‘Voyage, Emploi et Retour en France‘, par Halim dans ‘Entreprendre à l’étranger‘ et par Ludivine dans ‘Nouvelles Impulsions‘ — que j’ai osé, pour la première fois, parler de ma dépression post-voyage.

Avec le temps, et grâce à mes 2 retours en France, j’ai réussi à identifier cinq erreurs majeures qui ont contribué à ma descente aux enfers. J’ai choisi de transformer ces erreurs en cinq habitudes saines que je te recommande vivement d’adopter à ton retour en France après une expatriation.

Que tu sois en train d’anticiper ton retour ou déjà rentré, sache qu’il n’est jamais trop tard pour te relever. Mon histoire et mes conseils pourront, je l’espère, t’aider à te sentir mieux.

Aujourd’hui, je te raconte mon histoire, car cette expatriation en Australie a changé à jamais le cours de ma vie.

On m’a dit que "toutes les bonnes choses ont une fin"

Alors j’y ai cru. Bête et disciplinée. Enfin… polie et respectueuse, c’est plus doux.

Avant mes 24 ans, je n’avais jamais eu de grandes ambitions. Pas par manque de capacités, mais parce que je n’avais jamais essayé de rêver grand. Je suis toujours restée « à ma place ».

Quand on m’a dit que pour rester en Australie, il fallait que je trouve un sponsor ou un mari, et que « ça allait être impossible vu le peu de temps qu’il me restait sur mon visa », j’ai simplement accepté l’information. Je suis rentrée en France.

Pourtant, je savais que l’Australie m’avait changée. Je l’avais dans la peau. Mais j’avais fatalement accepté qu’il fallait rentrer en France.

Stradbroke Island PVT Australie
rentrer en France après expatriation

Rentrer en France ? Mais pour y faire quoi ?

Je me souviens encore de cette phrase que je me suis dite à l’aéroport :
« Rentrer en France après 10 mois de PVT ? Ça devrait bien se passer. Ce n’était qu’une parenthèse. Je vais trouver un travail, un logement et la vie continuera. »

Avec le recul, comment ai-je pu croire à ça ?

Inconsciemment, j’avais quand même pris soin de revenir en France en été. (Tu sais, cette stratégie que l’on adopte tous pour « adoucir le choc »… Spoiler : ça ne marche pas. The struggle is real.

Déjà, j’habitais dans le Nord – donc l’été, comment dire… . Puis je n’avais pas vraiment de cercle social solide. Et pour couronner le tout, j’ai appris que mon ex pervers narcissique, qui m’avait suivie jusqu’en Australie, y vivait toujours sa meilleure vie, alors que moi je revenais dans une ville que j’avais réussi à fuir.

Si tu veux en savoir plus sur cette histoire, j’ai fait une vidéo dédiée.

Retour en France : (re)trouver un emploi après une expatriation

Je pensais bien faire en cherchant un travail rapidement mais ce fut une erreur.

Pourquoi ? Parce qu’au fond, je suis une entrepreneure. Mais encore une fois, j’ai voulu « rentrer dans le moule » et retrouver un job salarié.

Je n’avais pourtant pas besoin de travailler immédiatement : j’avais des économies et je vivais chez mes parents. J’aurais pu prendre le temps de réfléchir à un projet qui me faisait vibrer. Au lieu de ça, j’ai accepté un CDD d’un an dans une grosse boite, sans réelle conviction.

Et c’est là que j’ai commencé à m’enfoncer dans une routine toxique. Ce fut le début de ma dépression post-voyage. Sans m’en rendre compte, j’allais petit à petit m’enfoncer dans une vie qui allait me dépasser, que j’allais subir.

Je travaillais du lundi au vendredi, 9h-17h. Mon salaire couvrait mes charges mais je ne pouvais rien économiser. Et le pire, c’est quand j’ai pris conscience que j’avais une vie qui ne me plaisait pas du tout.

Aujourd’hui, pas un seul jour ne passe sans que j’éprouve de la gratitude pour la vie de rêve que j’ai su reconstruire depuis.

retrouvailles avec ma famille
retrouver un travail après retour en france

Mes 5 prises de conscience (et ce que j’ai mis en place pour aller mieux)

1. Prendre conscience que j’allais mal et demander de l’aide

Le déclic, c’est quand j’ai accepté que je n’allais pas bien. Cette première étape a été essentielle. J’ai choisi de consulter un médecin qui ne me connaissait pas, et je pense que c’est un point très important. En étant neutre et extérieur à ma situation, il m’a fait passer un test pour évaluer mon état émotionnel, ce qui n’aurait probablement pas été le cas avec mon médecin de famille.

À l’issue de ce rendez-vous, trois options s’offraient à moi :

  • Prendre des antidépresseurs
  • Retourner en Australie
  • Faire les deux

J’ai choisi de retourner en Australie, et cette décision a changé ma vie. Un mélange de soulagement, d’excitation, et de peur de l’échec. Mais surtout, j’ai ressenti une nouvelle énergie que je n’avais pas connue depuis des mois. J’avais le choix de retourner en Australie avec un visa touriste pendant 3 mois ou de suivre une formation avec un visa étudiant. D’ailleurs, as-tu vu la mise à jour de ma Foire Aux Questions sur le visa étudiant ?

2. Ne plus accepter les vérités toutes faites

J’ai longtemps été trop polie et trop respectueuse. Quand on m’a dit que ce serait impossible de rester en Australie faute de temps ou de solutions, j’ai accepté sans me battre.
En retournant en Australie, j’ai décidé de ne plus jamais laisser quelqu’un me dicter ce que je pouvais ou non faire. Je me suis fixée un objectif : faire ma place, créer un réseau solide et me rendre visible.

Pourtant, à cette époque, je ne connaissais même pas le développement personnel ni la spiritualité. Je ne savais pas qu’un état d’esprit vaillant pouvait dégager une énergie et attirer du positif. Tout était naturel et fluide. Les opportunités coulaient à flot et l’argent aussi.

Pour l’anecdote : je me souviens avoir obtenu un code promo pour une boat party organisée par une agence événementielle à Sydney. J’ai simplement partagé mon code sur un groupe Facebook, et en quelques jours, j’avais généré 1 000 AUD de commissions sans rien faire. C’est comme si la vie me disait : « Tu vois, quand tu oses, ça vient à toi. »

3. S’entourer de personnes qui me tirent vers le haut (et ne plus tricher avec moi-même)

Lors de ce deuxième séjour en Australie, j’avais tout pour rester : un visa valide, un job, un réseau. Mais j’ai commis une erreur fatale.
Pour prolonger mon visa, j’ai menti sur les fameuses « farmworks » (ces travaux agricoles que l’on doit justifier pour rester plus longtemps). J’ai tenté de gruger le système, et je me suis fait attraper. Résultat : j’ai dû quitter l’Australie précipitamment en moins de 28 jours. C’est comme ça que je me suis retrouvée face à un deuxième retour en France. Mais cette fois-ci, je n’étais plus la même. Grâce à mes premières prises de conscience et à ma première dépression post-voyage, j’ai compris une chose essentielle : je devais m’entourer de personnes ambitieuses, bienveillantes et inspirantes. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai rencontré un homme exceptionnel qui m’a redonné confiance en moi, qui m’a toujours traité comme une reine, et qui me répétait sans cesse : « Ne laisse JAMAIS personne te dire que tu n’en es pas capable. »

4. M’autoriser à sortir du moule.

Lors de mon premier retour en France, j’ai voulu rentrer dans le moule.
Je me suis précipitée dans un job, pensant que c’était la bonne chose à faire. Avec le recul, je crois que ça a été la pire décision post-voyage que j’aurais pu prendre. Ce job m’a déconnectée de mes rêves, de mes ambitions, de ce que j’étais vraiment.

Mais à mon deuxième retour en France, tout a changé.
J’ai décidé de me faire confiance, de me faire accompagner par une coach, et de choisir la voie de l’entrepreneuriat. Cette fois-ci, je me suis écoutée.

5. Accepter que ce ne sera plus jamais comme avant (et que c’est ok)

On essaie souvent de recréer le lifestyle qu’on a mené en Australie, mais on se rend vite compte que ce n’est pas une question de routine ou de matériel : c’est une question d’énergie.
Ça ne matche pas.
Même si tu investis dans une super machine à café pour garder l’esprit “barista”, même si tu fais le miracle morning tous les matins, même si tu vas à la salle de sport à 6h… malgré tout, il faut le reconnaitre, la vibe est différente.

Et parfois, c’est encore pire de vouloir persévérer dans cette illusion.

Je me demande si, au fond, ce ne serait pas mieux de se créer un nouveau lifestyle adapté à la France, un lifestyle aligné avec qui nous sommes devenus, plutôt que d’essayer de faire rentrer la vibe australienne dans un quotidien qui n’est plus fait pour ça.

Tu ne vivras plus jamais exactement ce que tu as vécu là-bas, et c’est ok. Aujourd’hui, je n’irai pas jusqu’à dire que je suis heureuse en France, mais je ne cherche plus à « copier » ma vie australienne. Je construis une nouvelle version de moi.

Est-ce que toi aussi tu as ressenti ça après un long voyage ? Est-ce que tu as réussi à créer ton propre lifestyle, ou est-ce que tu es encore en train de le chercher ?

Retour en France : une conclusion pleine d'espoir

Souvent, je me demande pourquoi j’ai subi mon retour en France, alors que j’aurais pu choisir d’aller de l’avant. Comment ai-je pu me laisser envahir par une dépression post-voyage alors que je venais de vivre une expérience incroyable ?

Finalement, l’essentiel, c’est que j’ai réussi à m’en sortir. À travers ce témoignage, j’aimerais te rassurer et te dire que la vie n’est pas une fatalité. Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre un retour en France après une expatriation, parce que nous sommes aussi de plus en plus nombreux à partir, à voyager, à être curieux, à aller découvrir d’autres pays et d’autres cultures.

Mais malheureusement, que ce soit après un PVT en Australie, au Canada ou ailleurs, le retour en France reste un sujet sensible. Peu de choses sont mises en place pour nous aider à le traverser.

Le retour en France après une expatriation n’est pas qu’une formalité administrative ou géographique : c’est un véritable parcours émotionnel, souvent sous-estimé.

Si tu vis cette phase, sache que tu n’es pas seul.e. J’en parle désormais sans filtre et j’accompagne celles et ceux qui traversent ce chamboulement intérieur.

Mon conseil : ne reste pas isolé.e. Cherche des espaces bienveillants où déposer ce que tu ressens.

Si tu veux continuer la conversation, tu peux me retrouver sur Instagram (@manoztralia), dans le groupe Facebook que j’ai créé Les Français de retour en France, ou encore sur mon podcast BORDEL ORGANISÉ.